Man Hunt

Quand l'homme chasse l'homme...Votre instinct est votre seul salut!!
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Liam Corman Ω Thirst itself.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar
Vilain petit personnage.


Missives : 49
Date d'inscription : 20/10/2010
Age joueur : 24
T'es où? : Y'a que les femmes qui ont le droit de savoir.
Occupations : T'aimeras pas c'que tu vas entendre.
Tu t'sens comment? : J'ai l'air d'un imbécile heureux, peut-être ?

MessageSujet: Liam Corman Ω Thirst itself.   Jeu 21 Oct - 0:42

Votre passeport




●●● Liam Corman
Feat Cam Gigandet
« I say goodbye to my weakness,
So long to the regrets
And now I know that I'm alive.
»



______*Montrez votre laisser-passer !!*



Votre niveau RP
[ ] TRES BON  [ ] BON [X] ASSEZ BON [ ] NORMAL

Age :  30 ans.
Groupe :Cannibales.
Occupation: Second de la Horde; je te traque, je te chasse, je te possède ; l'ordre a été de patrouiller et de les capturer tous.
Caractère : Sanguinaire – Fier – Loyal - Sardonique – Infaillible – Radical – Affamé – Nonchalant.
Ses faiblesses :  
Dans le feu de l'action, nous avons ici un spécimen qui prend très peu les autres en considération; ainsi la marchandise est parfois abîmée une fois à destination. Même lorsqu'il ne s'agit pas d'une cible... et surtout lorsque Caïn n'a pas fait mention du sort dudit être vivant. Il a encore quelques réserves quand c'est le cas. En fait, son gros problème, c'est sans doute la gourmandise: les excès ont des conséquences, Liam...
Particularité :  Le fameux présage de l'hécatombe ; le Boucher.
|| Relations ||



    CHRISTIAN BALE - Nathan Robinson -
      La preuve même qu'il y a ordre dans le chaos: Caïn. Mes plus grands respects. Liam observe l'animosité de ses compatriotes – ou même la sienne – et s'étonne encore de voir comment son chef pouvait tous les garder unis. Il avait même un petit quelque chose d'effrayant au fond des yeux. Car à force de faire quelque chose qui est contre notre nature, on devient encore plus cinglé que ceux qui en sont friands, n'est-ce pas ? Une excuse pour le détrôner, qui sait...

    JAMIE DORNAN - Luka Melvin -
      Melvin, le bon vieux Melvin... ce qu'il pouvait être distrayant. Et d'une telle conviction ! Il y avait au moins ça d'admirable chez lui. Même sous la torture, même témoin des pires atrocités, il n'avait pipé mot. On l'avait même fait cannibale d'un jour; il avait énormément vomis ce jour-là. Le jeu était distrayant. Mais pas indéfiniment, croyez-moi.

    MICHELLE RODRIGUEZ - Myrcela Vega -
      Elle était tout sauf une personne de confiance ; à l'instar d'à peu près tous, sauf Caïn. Mais elle, le danger était encore plus potentiel à cause de son insupportable indépendance. Mais il la tolérait. Jusqu'au moindre faux pas. Si un jour elle mettait les pieds au mauvais endroit au mauvais moment, la peau délicate de son cou serait aussi bonne en bouche que sous ses doigts.

    ASHLEY GREEN - Kate Tully -
      Ah, la grande ambitieuse. Kate avait été très intrigante depuis leur toute première rencontre – et pour le moins alléchante, inutile de le cacher. Il avait senti en elle cette même fibre de violence, un écho direct à ses propres péchés sanguinolents. Pourtant, c'était si contraste avec la fragilité émanant d'elle une bonne part du temps... du coin de l'œil, et depuis le début, elle guettait Caïn et refusait ses chairs à Liam ; et bien soit, il se les étaient appropriées. Qu'elle vive misérable avec ses obsessions et meure affamée, traînée sans jugement.

    EMMA STONE - Madison Paige -
      Laaa gamine. Alors là, c'est toujours un peu plus complexe : en tant que homme observateur, elle est d'un potentiel exquis. Le corps endurci par les chasses à l'homme, conservé et vieilli comme le vin ; pas comme la trentaine de chiffes molles au désespoir errant dans le camp. Peut-être comparable à Kate Tully, même. Alors oui, Liam ne se gêne pas pour lorgner la petite en général, même si Caïn désapprouve. Et c'est d'autant plus agréable parce qu'elle réagit mal à cette attention. Compréhensible. La réputation, quoi... malgré cela, il ne la toucherait pas pour tout l'or du monde. Parce qu'elle dérange le côté avide de sa personne. Autant elle semble être la proie idéale pour un peu de plaisir en boîte, autant il la voit comme un parasite sensuel errant autour du chef pour lui causer des troubles. Madison serait un problème, éventuellement – pour l'instant, il fait avec. Disons une petite sœur indésirable, tiens. Sans tout l'aspect de consanguinité, s'entend. Et avec une légère pointe d'amertume...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
Vilain petit personnage.


Missives : 49
Date d'inscription : 20/10/2010
Age joueur : 24
T'es où? : Y'a que les femmes qui ont le droit de savoir.
Occupations : T'aimeras pas c'que tu vas entendre.
Tu t'sens comment? : J'ai l'air d'un imbécile heureux, peut-être ?

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Sam 23 Oct - 7:06

|| Caractère & Description ||

    « W e watch with wounded eyes.
    Boom-lay Boom-lay Boom~
    So I hope you recognize. »

    De corps et âme, il bouillonne; des veines éprouvées par une pulsation violente aux pensées tortueuses et torturées; c'est l'ébullition. Le cœur en est pourtant simple, malgré le maelström de paradoxes l'étouffant : une sourde animosité encrée jusqu'aux racines, une conscience aiguë des dangers environnants tatouée sur les tissus, une avidité maladive ayant infecté la plus part de l'être et une pointe d'humanité fragile, petite, sobre et maladroite : on appelle cela des souvenirs. Des souvenirs qui n'ont plus leur place ni leur réalité; ainsi, la bonhomie fut refoulée dans le passé accepté et pardonné. Et dans cette présence devant vous ne se tient que trois piliers sur lesquels toute mère espère ne pas voir son trésor s'appuyer : soif, méfiance et hostilité.

    Liam ; ou un peuple pour moi dans une langue oubliée.

    Car il désire, attrape, possède et s'approprie. Liam n'est pas le fameux sauvage au cœur fragile à toucher et à conquérir. Les charmes d'autrui sont toujours utilisés à un escient bien précis et l'aspect radical de lui-même ne cherche pas à le cacher. Ses pensées ne sont ni des secrets ni des péchés à son sens; ses lèvres les prononceront sans honte ou culpabilité. S'empêcher d'être en se murant dans le silence n'est pas dans ses mœurs. Car faute de pouvoir profiter de l'allégresse et de l'abondance, la liberté reste une chose dont on peut toujours se réjouir.
    On croit qu'il est le grand méchant loup, le prince tyrannique ou le bourreau sans clémence; qui a un jour prétendu qu'il se jouait des faibles et des démunis ? Allons, dans ce triste monde tout le monde est démunis. La richesse est bien celle que nous voulons nous inventer, sans plus. Et les faibles, il y avait toujours une autre plaie quelque part pour les embêter – c'est bien plus valorisant de se jouer des puissants, logique, non ? Les pauvres types n'ayant que comme but la provocation ne méritent pas son respect. Qui, d'ailleurs, se le mérite. Sauf peut-être le grand cinglé à la tête de la Horde – il n'y avait que le pire d'entre tous pour maintenir des animaux à l'agonie organisés. Liam n'ignorait pas être part de tout cet ordre imaginaire, alors oui, il devait être dans les pires. À un certain point, ça n'importe plus. Plus rien n'importe quand on plante une dent dans sa propre race. Alors on profite.

    Profiter. Il savoure les femmes, il savoure la viande, il savoure le sang. Les cris prouvent son existences et s'évanouissent dans l'air en apportant ses faiblesses. Revigorant. Les regrets sont si faiblement retenus qu'ils perdent donc eux aussi cette ferme influence maintenue sur tant de pauvres gens. C'est de la plus pure résignation dont Liam fait preuve; on ne s'en sortira pas. Le cercle est vicieux, et qui ne l'est pas se fait emporter. Alors devinez comment il est devenu. Cependant, si on ne peut plus se permettre le remord ou la raison, quelque chose de bien doit pointer son nez quelque part. La loyauté, donc. Ça, on pouvait encore la prôner et en prouver les vertus. Bah, au fond, c'est que l'allégeance est le mince filet maintenant encore les barbares sous l'abstrait modèle d'une société. Et tout deviendrait franchement trop compliqué dans le chaos. Simplement. Aucune sagesse ni grands mots, qu'une résignation pure et dure. Des louanges perdues se rendirent un jour à son oreille. Ordre demandé était ordre exécuté; cela, on lui donnait sans misère aucune. Il n'y avait pas de point d'honneur là-dessus. C'est que... tuer était trop facile. Faire souffrir était trop facile. Et quand tout autour est difficile, on choisit la facilité dès qu'elle se présente.

    Il est un meurtrier contraint, fier, en rien coupable. Le monde l'a façonné ainsi.

    Puisqu'il aurait pu être si différent. Si ses yeux avaient brillé de bonté, si son sourire n'avait pas été rougeâtre et là pour les mauvaises raisons – peut-être le plus beau et le plus saint des hommes. La violence enlaidit; mais lorsque tout le monde est touché par le fléau, alors Liam redevient aussi attirant qu'il aurait pu l'être à une autre époque. Seulement, ses pupilles azures glacées scintillent de malice, son sourire se réjouie de l'escarre, son corps puissant chante la doucereuse mélodie de l'hécatombe. Tristement. Inutile d'être désolé. Liam a été choyé. Les cheveux blonds comme le blé, cette denrée disparue, les yeux bleus comme l'eau, cette bénédiction trop attendue, la bouche tendre comme le rire d'une mère, ce rêve confus auquel songe encore les anciens. Et puis on lui avait octroyé cette stature athlétique qui, jusqu'aux derniers supplices, aurait su user de la force nécessaire pour protéger l'être cher. Des mains d'ange noir, puissantes et fatales bien trop souvent pour un fils de bonne dame. Toute sa rude fluidité aurait pu être une caresse provocant un bonheur serein à sa muse, mais au lieu de cela esquivait les coups des victimes craintives. Liam n'était pas de très haute taille pour son affectation ; l'agilité, pourtant, compensait l'handicap. Car au lieu d'effectuer des prouesses pour impressionner les amitiés de longue date, elle servait plutôt à se mesurer aux plus grands, plus gros, plus forts. Eux qui cherchent dans la ligne nerveuse de sa mâchoire un léger doute quant à la victoire s'en trouvent bien déçus. Amère déception et vif danger.

|| Histoire ||


« Out on the front line, don't worry I'll be fine
The story is just beginning
I say goodbye to my weakness, so long to the regrets
And now I see the world through diamond eyes. »

    Il n'a rien vécu d'exceptionnel, à vrai dire. Il est né dans la même misère merdique que les autres, il a eu faim comme les autres et s'est plaint à sa mère autant qu'eux. Mais ce qui varie est sans doute la réaction qu'il avait adopté. La leçon tirée de toutes ses expériences traumatisantes est sûrement plus radicale que les autres, encore moins bien interprétées qu'elle était sensée l'être. Parce que le lot de l'être humain c'est de tout comprendre de travers, de s'entêter à prendre la mauvaise voie et de se briser le nez sur le premier obstacle. Et toujours en suivant cette métaphore, Liam a le nez en morceaux et vit à contre-courant depuis le tout début. Alors non, il n'est pas un enfant vampirisé ou un ogre de petite taille; il n'a tout simplement rien comprit. Voilà pour la plaidoirie, maintenant commençons le tout.

    Au nord de feu Los Angeles se dressent les montagnes jadis nommées San Gabriel. Les quelques habitants qui ne succombèrent pas au cataclysme de radioactivité des années auparavant s'entassèrent dans les profondeurs obscures des cavernes découvertes. Au nombre qu'ils étaient à vivre dans cette communauté avant le Grand Incident, il devait bien avoir au minimum une centaine de survivants. Dont les ancêtres de Liam, on s'en doute. Et donc vous connaissez la suite, j'imagine : les réserves de nourritures qui s'amenuisent, l'eau tarie ou manque tout simplement, la fière race humaine retourne au triste état d'homo habilis.
    Liam n'avait pas eu une situation plus difficile que les autres. Leurs propres réserves étaient à vide depuis longtemps, le froid avait emporté sa sœur alors qu'il était tout jeune et sa mère n'avait pas une santé de fer. Son père se démenait pour rapporter quelques petites miettes quotidiennement en offrant aux autres son savoir en médecine hérité de son grand-père qu'il n'avait qu'à peine connu, la longévité humaine ayant considérablement raccourcie. Donc leur existence se résumait à « tant bien que mal » et à « tout ira bien ».
    Liam en tant que tel n'était pas un garçon très turbulent; dans pareilles situation, il ne pouvait se le permettre. Il était plus petit que tous les autres, plus nerveux aussi; mais cela n'empêchait pas sa solidité remarquable. Déjà à ses douze ans il portait sa mère malade quand venait le temps de changer d'endroit car les odeurs de défécation se faisaient trop insupportables. Mais si miraculeusement ces conditions difficiles n'eurent que très peu de conséquences sur sa santé physique, son esprit, lui, en fut horriblement écorché. Comme beaucoup d'autres, d'ailleurs, qui penchèrent vers la gueule béante du désespoir guettant ses proies, ou bien se firent violence. Inutile de spécifier laquelle des deux voies Liam avait alors empruntée. Rappelez-vous; il est tellement plus facile de faire souffrir, de dire des obscénités que de rendre heureux et d'offrir des compliments. Si facile...

    Alors donc. Les rescapés s'étaient déjà tout naturellement divisés en plusieurs clan dans différentes grottes de San Gabriel, bien avant la naissance du petit; les plus farouches se réunirent, se cachèrent aux yeux des autres et ruminèrent sans doute leur colère entre eux. On ignore quel espèce de déclic inhumain s'était fait dans leur tête... les rumeurs se faisaient de plus en plus fréquentes à leur sujet, de plus en plus réalistes. Rien de bien beau. Toujours de mal en pis.
    Le regroupement dont Liam faisait parti se composait d'exactement six familles; neuf adultes, trois plus jeunes et quatre bambins. Les nouveaux-nés s'affaiblissaient tous, les mères elles-mêmes ne survivait que rarement l'accouchement, et de fil en aiguille, les femmes craignirent de tomber enceintes. Le plus net souvenir de Liam sur ces temps heureusement éloignés était celui d'un hiver glacé où les gens autour de lui courbaient sous le froid. Un givre rampant se retrouvait parfois sur les lèvres des assoupis et on craignait alors la mort du dormeur. Ce qui arrivait souvent, trop souvent, à sa mère; elle qui frissonnait sans cesse, la température polaire n'était pas pour améliorer son cas. À ce moment-là, sa sœur était déjà décédée. Il ne savait pas exactement il y avait combien de temps, mais il se souvenait bien de la dégradation physique qu'avait subi Jeanne, sa petite maternelle, à la suite de la tragédie. Son père dont le nom lui échappait à présent totalement était pratiquement toujours absent. Il ne le voyait qu'à de rares occasions et uniquement lorsque Jeanne avait meilleure mine. On peut facilement imaginer que de là partait un petit ressentiment.
    Le quotidien était lourd et trop routinier. Maman malade, papa parti, lui à prendre le temps d'aimer maman et à la réchauffer au mieux. C'était avec lui qu'elle était en amour, à l'évidence; depuis longtemps son père ne l'avait fait sourire comme il pouvait le faire avec ses pitreries. Il n'y avait meilleur endroit que dans les bras de Jeanne, ni plus belle chose que ses lèvres étirées en un doux sourire. Parmi les autres familles du regroupement, un homme avec ses deux petites filles avait un sourire se rapprochant de celui de sa mère. Il l'aimait bien, ce monsieur, même s'il ne lui parlait jamais; c'était le seul à parfois avoir vraiment l'air ce qu'on appelait « bien ». Mais à un moment, on a plus revu ni son aînée ni sa cadette ou encore son sourire. Liam n'entendait pas les murmures que les adultes s'échangeaient à leur sujet, il ne voyait que les regards inquiets vers l'homme seul.

    « Maman? »
    « Qu'y a-t-il? »
    « Elles sont où, les deux filles du monsieur? »
    « Elles... »

    Sa voix s'étrangla. Jeanne ne répondit pas.


    Ω

    Liam ne comprenait tout simplement pas; et pourtant il continuait de courir, cet ignoble frisson lui picotant la nuque. L'écho qui se répercutait autour de lui l'avertissait de l'approche du poursuivant. Son cœur battait bien trop fort. Il allait éclater, bon sens ! C'était la folie furieuse dans sa tête; les événements ne s'enchaînaient pas comme il faut, tout s'entrechoquait; et la panique affluait des torrents de larme dans ses yeux, sa vue s'en retrouvant ainsi confuse. Et c'est dans la plus grande confusion qu'il tentait d'échapper au bourreau, des hoquets de frayeur coincés au fond du gosier. Il avait déjà volé pour sa pitance, comme tout le monde, et il n'était pas rare que cela finisse en poursuite. Mais dans le pire des cas il allait être battu pour son acte répréhensible puis finir une épaule démanchée au possible. On ne l'avait jamais poursuivi pour le manger. Le manger.
    Il était allé voir le monsieur qui semblait si triste; cela faisait des jours que ça durait et il n'en pouvait plus. Le moral même de sa mère se trouvait miné par cette présence au désespoir insistant. Alors il était allé le voir, pour lui parler, peut-être, le sortir de sa transe. On est pas bien brave à cet âge-là, inutile de se le cacher ; auriez-vous approcher un vieux solitaire à sept ans ? En tout cas, votre mère vous l'aurait déconseillé. Il y était tout de même allé. Après l'avoir salué, l'homme avait levé les yeux et Liam sursauta. Il était si laid... d'une laideur pleine de souffrances, de pitié et de rage. La douleur enlaidit. Évidemment qu'il avait eu un mouvement de recul. Il avait eu si peur, le fond de lui-même en avait tremblé; l'idée première avait été de faire demi-tour immédiatement mais il était tout bonnement pétrifié.

    « Ça va, petit ? »
    « Oui. »

    Ça n'était pas allé plus loin. Il était retourné auprès de sa mère. Elle lui demanda d'aller chercher son père dans une grotte voisine car elle se sentait fiévreuse. Le petit s'y était précipité, comme à l'habitude. Jeanne avait regardé son fils s'engouffrer dans le labyrinthe de caves puis eut un horrible pressentiment. Son regards fusilla l'homme accroupi de l'autre côté de la chambre commune. Il regardait l'entrée avec un œil mauvais. Il se leva. La mère alertée entendit ses pas prendre l'allure d'une course lorsqu'il fut hors de champ de vision. Elle se lança à sa poursuite.

    Liam n'avait pas tout compris; sa mère lui avait hurler de courir, il avait entendu par écho. Puis il réalisa qu'elle n'était pas la seule à sa suite et prit ses jambes à son coup. Les menaces de Jeanne parvinrent aux oreille du jeune garçon, de plus en plus près – elle sommait quelqu'un de le laisser tranquille. L'affolement de Liam s'accentua brutalement.

    « Ils ont mangé mes petites, les ordures ! ...J'ai faim !! »

    Un pied devant l'autre, aussi rapidement qu'il le pouvait, rien n'y faisait, il se rapprochait. Les pas légers de sa mère suivaient, il le savait, mais sa faiblesse ne lui permettrait pas de le protéger. Il avait si peur...
    Puis son cœur se serra, une lueur d'atroce détresse illumina violemment ses pupilles, son cri fut celui horrible d'un enfant agressé; une poigne forte et nerveuse s'était refermée sur son épaule.

    « MAMAN! »

    Elle hurla pour répondre à son fils. Liam sentit une torsion qu'il savait dangereuse dans son épaule et l'éclair fut fulgurant – il allait lui arracher le bras. En panique, le petit tourna la tête et mordit sauvagement la main de son assaillant qui s'ensanglanta bien vite. Un morceau de chair de sa paume resta coincée entre ses dents. L'enfant n'entendit même pas le braillement sauvage qu'il avait provoqué. Un goût particulier se mouvait sur ses papilles. Une texture nouvelle glissait entre ses lèvres. La gorge serrée, il se laissa goûter au fumet tout nouveau de la chair – il ne vit qu'abstraitement le corps de l'homme s'effondrer sur le sol, la crâne fracassé par une bien frêle femme et une pierre. Jeanne le serra très fort dans ses bras, tremblante et le souffle asthmatique. Elle ne prit pas compte de la mixture écarlate qui coulait des commissures des lèvres de son enfant ni de la tache sur sa toge usée.

    La leçon fut simple : dévore avant que les autres ne le fassent.
    Ω


    Jeanne ne sut jamais – ou ben refusa de savoir – que Liam mangea par la suite des chairs d'êtres humains. Il partait, le ventre vide et agité, puis revenait tôt ou tard rassasié et un petit animal en main pour sa mère. Ce devait être plus facile de faire fi de l'ignoble vérité, de la réduire au silence, qu'elle ne lui fasse jamais face. Car en dehors de cela, elle avait déjà bien assez de troubles. Le père de son enfant était de plus en plus absent et froid, comme irrité par le fardeau qu'elle semblait représenter. Liam devenait hostile à son égard pour cette raison, plus protecteur que jamais envers elle. Et puis sa santé : désastreuse depuis sa course folle pour sauver son fils. Le stress doublé de l'effort anormal avait causé une violente crise de fièvre dont elle était sortie considérablement affaiblie. Les quelques allés-retours qu'elle se permettaient auparavant étaient maintenant réduis à un ou deux pas, puis elle s'effondrait dans les guenilles sales lui servant de couchette, rompue de fatigue. Et Liam observait sa mère se détériorer, subissant sa propre impuissance avec mépris. La mort fut lente et affreuse. À petit feu, comme l'on dit, c'est toujours plus triste. C'est à ses treize ans, alors qu'il commençait tout juste à se faire connaître par les autres cannibales, qu'il réalisa à quel point sa mère n'en avait plus pour longtemps. Son teint livide et l'extinction planant dans ses yeux devenaient impossibles à ignorer. Il appréhendait les au revoir avec angoisse. Comment lui dirait-il adieu ? Qu'est-ce qu'il ferait de son corps, après ? Il était hors de question de laisser qui que se soit la toucher indécemment, la sortir de chez elle sans son accord. Il avait encore plus peur de se surprendre s'enfuir comme un lâche. Comme si, sur le fait, il pouvait se révéler être une tout autre personne que lui-même ; un inconnu, peureux et ingrat, avec un caractère dont il aurait profondément honte. Liam observait donc sa mère avec ce regard empli de tendresse, d'inquiétude et de profonde désolation. Il voulait l'honorer de quelconque manière, cette femme à l'âme si douce.

    Mais au moment décisif, c'est comme si rien ne se produisit. Le temps n'était pas suspendu ni ne s'écoulait trop vite. Le souffle de sa mère était un léger murmure dans la caverne silencieuse, comme une rumeur morbide. Dans sa poitrine, un horrible blocage retenait toute la colère et la peine en lui, le contraignant à une apparente impassibilité, ses pupilles dévoilaient une âme devenue terne et sans vie, il n'éprouvait qu'un froid ressentiment. Les yeux posés sur ceux de sa mère, Liam attendait.

    « Alors, tu vas me regarder mourir comme ça, sans rien dire...? »

    Sa gorge se serra horriblement. Ses narines grossirent soudainement et un léger picotement dans son nez l'avertit des larmes qui s'apprêtaient à affluer dans ses yeux. Il serra les dents, se condamnant à un silence bien navrant.

    « C'est bien mon petit garçon... »

    Les doigts délicats de la mourante caressèrent la joue du garçon. Sur l'index de celle-ci, l'unique larme du moment perla. Puis la main se déposa tranquillement au sol et la vie eut raison d'elle.


Ω


    Ça l'avait été aussi cérémonieux que pouvait se le permettre un jeune garçon de treize années. Comme enterrer un défunt dans la roche n'est pas très aisé, Liam s'affaira à trouver une petite alcôve inhabitée. De toute manière, grande comme elle était, une petite famille de trois y aurait vécu avec difficulté. Il y coucha le corps pétrifié de la personne qui fut la seule chose en ce monde ayant le moindre intérêt puis referma l'endroit comme un tombeau, avec des pierres et de la terre retirée à grandes peines des murs. Par symbolique, il déposa des racines vertes d'une plante inconnue devant le passage bloqué et tourna les talons. Il inspira puis lâcha un bien sec soupir. Il n'avait plus qu'à retourner vers la grotte où il vivait pour faire... quoi, au juste ? Rien. Il n'avait plus rien à y faire.
    Faute d'un autre endroit où aller, Liam s'y rendit tout de même. Son père passait de temps en temps, avec un peu d'eau dans une carafe sale comme présent. Pour être honnête, il s'en foutait bien de son père. Voilà des lustres qu'il trouvait l'eau pour sa propre personne et auparavant Jeanne aussi. Mais bon, par habitude le garçon restait fidèle au poste et revenait toujours où son paternel pouvait le trouver quand cela lui chantait. Jusqu'au jour où il le vit sourire à une autre femme comme il ne daignait plus le faire pour sa pauvre mère qui avait tant souffert. Cet homme fut mort pour son propre fils en un bref rictus.

    Liam quitta donc ces gens qui le craignaient désormais. Il n'avait pas tué son père, détrompez-vous; mais on savait bien qu'il aimait la chair. Ce genre de chose de reste pas secret bien longtemps. Le petit homme se dirigea vers ses semblables. Les cannibales l'accueillirent comme on accueillit quelqu'un comme nous; inquiet, mais fébrile à l'idée d'avoir un nouveau membre, qui plus est plein de potentiel.
    Liam apprit que rien n'était important, rendu là; le bonheur passe une fois, et ensuite on se contente de l'aigre misère.

    I am the shadow, and the smoke in your eyes.
    I am the ghost that hides in the night.

    « B oom-lay boom-lay, boom ! »


Dernière édition par Liam Corman le Dim 7 Nov - 6:34, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
Vilain petit personnage.


Missives : 49
Date d'inscription : 20/10/2010
Age joueur : 24
T'es où? : Y'a que les femmes qui ont le droit de savoir.
Occupations : T'aimeras pas c'que tu vas entendre.
Tu t'sens comment? : J'ai l'air d'un imbécile heureux, peut-être ?

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Dim 7 Nov - 6:38

Et toi? Qui es-tu?

*Personne*

    Votre pseudo et/ou prénom : Kyam !
    Age :  16
    Présence moyenne sur le forum sur 7 jours: 6 quand ça va bien xD Sinon, je promets rien.
    Que pensez-vous du forum globalement?  :
    Très gore. J'adore <3 Pas un mot à dire, j'ignore comment vous vous y retrouvez avec tous ces codes HTML!! Ça me dépasse.
    Comment l'avez vous connu ? : « Jude ou Meow », dit-elle.
    Que pensez-vous du design ? : Claaassseee !
    Commentaires, Suggestions ?:   Eh neh.
    Avez vous lu & signé le règlement ? : Mais bien certainement.

TEST RP


    Au-delà de tout cela, il y avait un jardin de fleurs. Dans chacune d'elles, il y avait une pincée d'amour, une petite parcelle de délicate volupté, scintillante sur les pétales vivement colorés. Le jardin s'étendait à perte de vue, splendide et vivifiant, par-delà les frontières, gracieux dans son éternel entité, d'une essence à la beauté inexorable. Le doux parfum qui en émanait était la fragrance la plus délicieuse au monde, d'un arôme exquis à n'importe lequel nez curieux. C'était le mélange sucré de la fraise fraîchement cueillie, du sel purifiant de la mer, des immanquables effluves automnales lourdes de souvenir, des vents des collines emportant les fleurs de pissenlits de notre enfance... c'était une merveille. Personne n'y échappait, les bons moments du passé s'imposaient dans les mémoires, et vous voilà sous le charme du plus enchanteur des jardins du monde.
    Dans un coin, un petit étang à l'eau cristalline miroitait sous le soleil épris du ciel bleu, une lapine couleur neige s'y abreuvant tranquillement. Rien ne troublait jamais ces eaux claires; elles étaient pures, totalement englobée par la nature, sans aucun grain d'insalubrité. Les poissons, sereins, y nageaient lentement. À sa surface se reflétait l'azur paisible des cieux ainsi que les longues herbes bien vertes se dressant à ses côtés. Le léger mouvement régulier de l'étang était une petite mélodie qui s'offrait aux plus attentifs, aux oreilles curieuses de savoir ce dont la flore pouvait bien murmurer à la faune. Une caresse silencieuse sur les doigts des jeunes enfants qui s'y penchèrent pour se noyer d'émerveillement devant le ballet des empereurs colorés.

    Et encore plus loin, entre les collines verdoyantes et les saules attristés, il y avait un rêve enfoui. Oui, un petit rêve, une petite fantaisie, un simple bonheur. Une petite fille parcourut le jardin en entier, s'imprégna de toutes ses merveilles, ses yeux noisettes brillants d'admiration devant l'œuvre de la vie. Elle s'étendit dans les fleurs, inspira l'air parfumé qu'emportait le vent, toucha du bout des doigts la surface tranquille de l'étang et salua les lapins blancs, puis courut jusqu'au plus beau et majestueux des saules. Sa petite robe voleta autour d'elle, et adorable de sa frimousse curieuse, l'enfant découvrit le rêve, paisible. Puis, quelque part, on lui fit le plus beau des présents; ce monde imaginaire.

    Aujourd'hui, la petite fille y vagabonde encore, sous les rayons de l'astre solaire qui ne se couchait jamais. Et parcelle par parcelle, je le partageai avec le reste du monde...


~Wala.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
C'est à quel sujet?


Missives : 254
Date d'inscription : 06/05/2010

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Dim 7 Nov - 7:39

Ah et bien ma foi je crois qu'on peut dire que c'est de la belle fiche, personnellement j'adhère complètement au style notamment dans le descriptif de la mentalité de Liam, mais aussi sur l'histoire que j'ai beaucoup aimé notamment le passage sur l'hiver dans les grottes ou plus encore le concept selon lequel les femmes venaient à craindre de tomber enceinte, j'ai beaucoup aimer ce coté très réaliste et à la fois fatale de la vie dans les grottes. Dieu que j'aime quand vous étoffez l'univers de Man Hunt en ajoutant votre propre vision des choses, de la vie quotidienne...

Donc pour moi tout cela semble très bon et je m'en vais te donner ta belle couleur sanguine quant à 3 pommes elle passera certainement donner son avis et poster son sempiternel conseil pour bien commencer l'aventure...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
Vilain petit personnage.


Missives : 49
Date d'inscription : 20/10/2010
Age joueur : 24
T'es où? : Y'a que les femmes qui ont le droit de savoir.
Occupations : T'aimeras pas c'que tu vas entendre.
Tu t'sens comment? : J'ai l'air d'un imbécile heureux, peut-être ?

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Dim 7 Nov - 7:41

Merci bien =P
Encore désolée pour l'attente !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
C'est à quel sujet?


Missives : 254
Date d'inscription : 06/05/2010

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Dim 7 Nov - 7:42

Il n'y a pas de mal quand l'attente mène vers ce type de fiche je suis totalement pour...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar


Missives : 681
Date d'inscription : 08/05/2010
T'es où? : Hey ! Coucou ! Je suis là ! o/`
Occupations : Classé Secret Defense.
Tu t'sens comment? : Pas d'humeur à être chatouillé ... Alors fout le camp!
Relations : Vous voulez bien en savoir des choses ...


Bon à savoir
Age du perso: 27 ans
Etat physique: En forme

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Lun 8 Nov - 1:49

Bienvenue à toi !!

_________________



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
Admin


Missives : 994
Date d'inscription : 22/06/2009
Age joueur : 32
T'es où? : Ca t'regarde?
Occupations : Lieutenant Leader de l'unité Alpha
Tu t'sens comment? : Bien

Bon à savoir
Age du perso: 25
Etat physique: En forme

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Lun 8 Nov - 4:01

Alors si je commence à discuter ailleurs s'ans venir jeter un oeil...et même les deux...à ta fiche sans te souhaiter la Bienvenue, ca devient du grand Nawak!!
En plus, en plus...en plus!! T'as choisis Liam quoi!! Mon Cannibale favoris :14: !! Bon choix.
Donc bienvenue sur le fo', et oui ton histoire est très plaisante, je n'ai rien contre ta validation, l'essentiel à été dit par l'ancêtre ^^

Yeap, je rajoute mon blabla habituel qui semble déplaire à La Fouine mais, bref.^^

Il ne te reste plus qu'à:
  • Recencer ton avatar (même si c'est un PV)
  • Créer ta fiche de lien et de topics
  • Signer le règlement
  • Remplir ton profil
  • Squatter le flood
  • Voter pour le forum
  • Et t'aventurer dans le RP


Si t'as des questions...va voir le vieux Tony ^^!!
Amuse-toi bien :happy: !!

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://man-hunt.forumactif.com

avatar
Le Diable au corps


Missives : 48
Date d'inscription : 22/10/2010
Age joueur : 28
T'es où? : Tout dépend de qui le demande.
Occupations : Ruminer ma rancoeur.
Tu t'sens comment? : Revancharde.

Bon à savoir
Age du perso: 23 ans.
Etat physique: En forme

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Lun 8 Nov - 17:18

Bienvenue l'Inutile collègue ! ^^

Au plaisir d'une rencontre surtout. Quelle fiche !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar
Vilain petit personnage.


Missives : 49
Date d'inscription : 20/10/2010
Age joueur : 24
T'es où? : Y'a que les femmes qui ont le droit de savoir.
Occupations : T'aimeras pas c'que tu vas entendre.
Tu t'sens comment? : J'ai l'air d'un imbécile heureux, peut-être ?

MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   Mar 9 Nov - 1:25

Comment ça l'Inutile ? xD J'te ferais bien victime une seconde fois toi, si tu ne te tiens pas tranquille.

& Merci peur les bienvenus x)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Liam Corman Ω Thirst itself.   

Revenir en haut Aller en bas
 

Liam Corman Ω Thirst itself.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Man Hunt :: 

● Administration

 :: 
■ Passeports
 :: Validés
-
Sauter vers:  
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit